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  • Numéro 7 (2012) : "D’un début de siècle à l’autre – Les littératures du début des XXe et XXIe siècles dans leur rapport au siècle précédent"

    dirigé par L. Mellet


    articles


    D’un début de siècle à l’autre – Les littératures du début des XXe et XXIe siècles dans leur rapport au siècle précédent

    Laurent MELLET, MCF, Centre Interlangues Texte, Image, Langage (EA 4182), Université de Bourgogne, Faculté de Langues et Communication, 2 Boulevard Gabriel 21000 DIJON, laurent.mellet [at] u-bourgogne.fr

    From markets to metafiction: satires of the literary marketplace at the dawn of two new centuries

    Hywel Dix, Lecturer in English and Communication at Bournemouth University, The Media School |Bournemouth University, Fern Barrow | Poole | Dorset BH12 5BB, HDix [at] bournemouth.ac.uk

    Résumé

    Cet article propose une analyse comparée de deux romans satiriques de la fin du XIXe siècle et de deux autres textes contemporains. D’une époque à l’autre, ce sont les similitudes, les continuités et les variations de l’écriture satirique qui sont interrogées. New Grub Street (1891), de George Gissing, est un roman métafictionnel qui engage son lecteur dans la création de représentations satiriques, par opposition à News from Nowhere (1890) de William Morris, qui s’emploie à proposer une dissolution fictive des hiérarchies sociale, politique et économique.

    L’auteur suggère que les récents romans de Sebastian Faulks et de Amanda Craig reposent sur une écriture satirique à mi-chemin entre l’incitation et la mise à contribution prônées par Gissing, et l’idéal de transformation sociale évoqué par Morris. Dans Hearts and Minds (2009) et Week in December (2009), la culture populaire londonienne est l’objet de la satire. Si, tout comme chez Gissing et Morris, ces textes offrent au lecteur le plaisir du décodage et de l’identification des personnages satirisés, c’est également le procédé même de la représentation satirique dans différents media que ces romans remettent en question. On parlera alors de satire métasatirique.

    Cette étude démontre que la satire chez Craig et Faulks s’inscrit, après Gissing et Morris, dans une continuité thématique (le désir agnostique de transgresser les normes sociales), tandis que l’écriture et les choix narratifs de ces romans contemporains font le choix de se faire l’écho du contexte culturel, économique et politique du XXIe siècle.


    “Tightrope walking the twenty-first century”: Jeanette Winterson’s vital connections with Modernism

    Marie Laniel, MCF, CORPUS (EA4295), Université de Picardie – Jules Verne, marie.laniel [at] gmail.com

    Résumé

    Dans Art Objects (1995), son manifeste esthétique, Jeanette Winterson appelle de ses voeux une nouvelle littérature pour le nouveau millénaire, et de nouvelles formes d’écriture répondant aux attentes du vingt-et-unième siècle. Loin de renier le passé, Winterson encourage les artistes contemporains à s’inscrire dans la lignée des grandes figures qui les ont précédés. Puisque « chaque nouveau départ implique un retour », avant toute innovation formelle, le véritable artiste doit faire l’expérience des liens vitaux qui l’unissent aux œuvres produites par les générations antérieures, non pas pour les sacraliser, mais pour « réaffirmer l’actualité de la littérature du passé, et lui rendre sa vigueur originelle ». Maintenant un équilibre délicat entre continuité et émancipation, engagement et liberté, l’artiste contemporain, lié au passé, mais à la recherche de sa propre voix, doit pratiquer l’art délicat du funambule, unissant deux mondes sur la « corde raide » du langage. Parce qu’ils étaient passés maîtres dans cet art difficile, consistant à explorer de nouveaux territoires tout en faisant entendre les voix du passé, c’est vers les modernistes que la nouvelle génération doit se tourner, et plus particulièrement vers l’œuvre toujours actuelle de Virginia Woolf. Pour mettre en évidence les tensions productives qui existent entre les débuts des vingtième et vingt-et-unième siècles, cet article examine les réécritures de l’intertexte woolfien dans l’œuvre de Jeanette Winterson, plus particulièrement dans ses écrits des années 2000, comme The.Powerbook (2000), Lighthousekeeping (2004), The Stone Gods (2007), et son autobiographie récente, Why Be Happy When You Could Be Normal? (2011).


    “A book persisted as a coloured shadow at the edge of sight”: Englishness and Influence in Alan Hollinghurst’s The Stranger’s Child

    Elsa Cavalié, PRAG, Université de Toulouse 3 CAS, Université Toulouse 3 Paul Sabatier – Département de Langues - 118 route de Narbonne 31062 TOULOUSE CEDEX 9, elsacavalie [at] free.fr

    Résumé

    Le cinquième roman de Alan Hollinghurst, The Stranger’s Child (2011) a fréquemment été loué en raison du lien qu’il établissait avec les auteurs de la première moitié du vingtième siècle britannique. Le roman est en effet tout d’abord centré sur Cecil Valance, gentleman et poète, un personnage à la fois fascinant et superficiel, dont la mort tragique dans les tranchées de la Grande Guerre assurera la postérité de ses poèmes. La récupération et le recyclage dont le poète et son œuvre feront ensuite l’objet tout au long du 20ème siècle sont ainsi analysés par Hollinghurst. La principale inspiration de Cecil, le manoir de famille dénommé Corley Court, est également un élément prégnant. La country house emblématique est évoquée de façon critique, afin de retracer, en partie, l’histoire de l’anglicité littéraire au cours du vingtième siècle. Le roman tente ainsi d’expliquer et critiquer l’influence réelle quoique superficielle que les Poètes de la Guerre exercent sur la culture populaire contemporaine.


    From the Country House to the Painting: an "Aesthetic" Adaptation of Howards End in Zadie Smith's On Beauty

    Kaoru Urano, Ph.D., Lecturer at Kyoritsu Women's University, 2-2-1, Hitotsubashi, Chiyoda-ku, Tokyo, 110-8437, Japan, kurano [at] kyoritsu-wu.ac.jp

    Résumé

    Cet article s’intéresse au troisième roman de Zadie Smith, De la beauté (2005), ainsi qu’à l’œuvre originale d’E. M. Forster, Howards End (1910). Tout comme Howards End l’avait fait presque un siècle plus tôt, De la beauté étudie comment la contemplation de la beauté peut conduire au développement de la moralité. Dans notre monde contemporain, où l’esthétique a subi une déconstruction idéologique si draconienne, comment Smith peut-elle raviver la question de l’esthétique si parfaitement ? Mon étude aborde ce point en se focalisant sur une liberté en particulier que Smith a prise vis-à-vis de Howards End : ce n’est plus une maison (un espace tridimensionnel que Forster utilise afin d’apporter une profondeur physique autant que conceptuelle), mais une peinture (un objet bidimensionnel dont le but est plus purement esthétique), qui attend un héritier spirituel. À travers ce changement, Smith pourrait signifier qu’elle accepte l’idée que nous vivons dans un monde superficiel, mais tente néanmoins d’en saisir la profondeur morale. Compte tenu de l’obsession du roman pour l’acte de voir, Smith semble nous inviter à reconnaître – bien que cela sonne comme un oxymore – la profondeur latente qui réside à la surface du monde, et non derrière lui.


    Revisiting The Great Gatsby (1925) - Paul Auster’s fractured Real in Sunset Park (2010)

    Isabelle Van Peteghem-Tréard, Professeur agrégée en Lettres Supérieures et Première Supérieure au lycée Guist’hau de Nantes

    Résumé

    Le choix de The Great Gatsby (1925) comme hypotexte pour son dernier roman Sunset Park (2010) permet à Paul Auster de revisiter la mythologie américaine mais également d’affronter le thème de l’aliénation du sujet vis-à-vis de son milieu. Le romancier américain se réapproprie la notion d’intertextualité en montrant l’envers du décor du texte de fiction, en fragmentant l’hypotexte, en disséminant l’instance narrative et en jouant avec la fonction du narrateur et celle du lecteur.  De manière métafictionnelle, l’auteur explore, grâce à une myriade de focalisateurs, la fracture du réel. Cet article se consacre à  trois aspects principaux : tout d’abord le portrait mimétique d’une société américaine en crise, puis la revitalisation du rêve américain, enfin le ré-enchantement fictionnel du monde grâce à l’intertextualité et aux stratégies postmodernes.


    D’un début de siècle à l’autre : renaissance de l’aphorisme dans le roman ?

    Stéphanie Bertrand, doctorante, Centre Ecritures (EA 3943), Université de Lorraine (Metz), Ile du Saulcy, BP 80794, 57012 Metz Cedex 01, stephaniee.bertrand [at] gmail.com

    Résumé

    Les débuts des XXe et XXIe siècles sont marqués par une renaissance de l’aphorisme romanesque. Ce retour de la forme gnomique dans le roman répond d’abord à un commun sursaut éthique, soucieux cependant d’éviter toute moralisation. Si ces aphorismes entretiennent ensuite des similitudes d’ordre esthétique et éthique, le rapport entre ces formes, à un siècle de distance, ne relève pourtant pas tant d’une filiation, semble-t-il, que d’une amplification, comme si s’énonçait, en chaque début de siècle avec un peu plus de force, un « appétit de dire ou de penser » (Quignard 1987 : 14), voire une quête d’autorité.


    VARIA


    La relation texte/illustrations dans les Alice : « La question … est de savoir qui sera le maître » (1990 : 317)

    Virginie Iché, Maître de Conférences, CIEREC, Université Jean Monnet, 10 rue Tréfilerie, 42023 Saint-Étienne, virginie.iche [at] gmail.com

    Résumé

    Cet article s’intéresse à l’imbrication du texte de Lewis Carroll et des illustrations de John Tenniel dans les Alice (en particulier Alice’s Adventures in Wonderland, Through the Looking-Glass et The Nursery “Alice”). Après avoir rappelé l’étroite collaboration entre ces deux artistes, l’auteur étudie les modalités selon lesquelles le texte carrollien et les illustrations de Tenniel s’agencent, de manière à révéler leur synchronisation particulièrement harmonieuse. Cette relation équilibrée entre le texte et les illustrations cache cependant un rapport de force sous-jacent, une tentative de contrôler le langage, de le rendre limpide, ainsi qu’une tentative de maîtriser le pouvoir d’idéation du lecteur. Le lecteur demeure toutefois un sujet actif capturé au sein de la structure narrative, et peut élaborer des lectures-impostures. C’est le cas de l’illustrateur britannique Ralph Steadman, qui fait resignifier le texte carrollien en introduisant dans ses illustrations des éléments anachroniques.


    Pseudo-autobiographie et roman historique comme instruments de réhabilitation de la mémoire d’un ancêtre : El Marqués de Santillana de Almudena de Arteaga

    Gilles Del Vecchio, Maître de conférences, CELEC, Centre d’Etude sur les Littératures Etrangères et Comparées (EA 3069), Université Jean Monnet, Saint-Étienne / Faculté Arts Lettres Langues, 33 rue du 11 Novembre 42023 Saint-Étienne, gilles.del.vecchio [at] univ-st-etienne.fr

    Résumé

    Almudena de Arteaga est la descendante directe du Marquis de Santillane et c’est à ce titre que son dernier roman historique constitue un support privilégié pour aborder la notion d’intimité. Le problème posé est celui de l’implication politique parfois ambiguë de López de Mendoza. Le  projet d’Almudena de Arteaga serait donc de réhabiliter l’image de son ancêtre ou tout au moins de nuancer certains aspects de la biographie du poète. Ce roman historique démontre que, dans la plupart des cas, les événements s’imposent à l’homme. Le principe du manuscrit découvert permet le glissement vers l’autobiographie avec ce que cela implique de sincérité supposée. Enfin, les codes d’écriture de la chronique viennent parachever l’ensemble. Cette dernière stratégie permet d’établir un parallélisme entre la lignée royale et la lignée familiale. Le texte adopte ainsi des allures de chronique privée. Almudena de Arteaga rend un hommage vibrant à un ancêtre prestigieux.


    RECENSIONS


    Fougère, Marie-Ange (2009). Le rire de Rabelais au XIXe siècle. Histoire d’un malentendu, Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, « Écritures ».

    Hervé Bismuth, MCF en Littérature française, Centre Interlangues Texte, Image, Langage (EA 4182), Université de Bourgogne, UFR Lettres et Philosophie, 2 bd Gabriel, F-21000 Dijon, herve.bismuth [at] u-bourgogne.fr

    Ouardi, Hela éd., (2009). L’Androgyne en littérature, Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, Simpact Imprimerie & Éditions. Préface de Frédéric Monneyron. Ouvrage publié avec le concours de l’Ambassade de France en Tunisie.

    Hervé Bismuth, MCF en Littérature française, Centre Interlangues Texte, Image, Langage (EA 4182), Université de Bourgogne, UFR Lettres et Philosophie, 2 bd Gabriel, F-21000 Dijon, herve.bismuth [at] u-bourgogne.fr

    Dictionnaire combinatoire compact du français

    Marcienne Martin, Docteur en sciences du langage, ORACLE (Observatoire Réunionnais des Arts, des Civilisations et des Littératures dans leur Environnement), Campus universitaire du Moufia, 15 avenue René Cassin, 97715 SAINT-DENIS MESSAG CEDEX 9, marcienne.martin [at] hotmail.com

    Les auxiliaires être et avoir, étude comparée corse, français, acadien et corse

    Marcienne Martin, Docteur en sciences du langage, marcienne.martin [at] hotmail.com

    Beer, Mathias (2011). Flucht und Vertreibung der Deutschen. Voraussetzungen, Verlauf, Folgen. (= Beck’sche Reihe ; 1933), München: Beck.

    Lionel Picard, Docteur en études germaniques, Centre Interlangues Texte, Image, Langage (EA 4182), Université de Bourgogne, UFR Langues et Communication, 2 bd Gabriel, F-21000 Dijon, lionel.picard [at] u-bourgogne.fr

    ACTUALITES DE LA RECHERCHE


    Bilan du séminaire illustration scientifique :


    Figures emblématiques de l’imaginaire politique espagnol


    Langage et musique / Journée d’étude du 11 mai 2012 / TILOrganisation : Stéphanie Benoist et Marie-Claire Méry








     
    Revue électronique publiée par la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon, en partenariat avec l'EA 4182 centre interlangue -
    ISSN 1961-991X