Numero 9 - Résistance(s), révolte(s) et révolution(s)


Articles


Editorial n°9

André LARCENEUX, Professeur de Géographie, THEMA - UMR 6049 - UB

La révolte d'Iris ou Iris Clert l'Anar-chic

Servin BERGERET, Doctorant en Histoire de l'Art, CGC - UMR 5605 - UB

Résumé

Le point de départ de l'article est un petit texte écrit à la hâte, après les événements de la révolution de Mai 1968, par la galeriste Iris Clert. D'un style emporté, il reflète l'esprit d'une femme révoltée qui dérouta souvent le monde l'art. Difficilement cernable, elle défia tout au long de sa carrière, les codes assignés à sa profession, en résistant à toutes formes de soumissions conventionnelles et idéologiques. L’article s'interroge sur les enjeux et les limites de ce que nous intitulons à notre tour La Révolte d'Iris, à partir d'exemples précis, dont les choix furent justement inspirés par le texte.


La mise en récit de la révolution dans El país bajo mi piel de Gioconda Belli : la résistance au service de l’identité.

Sophie Large, Doctorante en Espagnol, TIL - EA 4182 – UB

Résumé

La romancière nicaraguayenne Gioconda Belli relate, dans ses mémoires, le parcours qui l’a progressivement menée de la révolution sandiniste à l’écriture. L’étude de ce récit permet de mettre en évidence l’existence de liens très forts entre l’engagement révolutionnaire et la construction de l’identité du sujet : les enjeux identitaires qui se cachent ainsi derrière toute forme de résistance apparaissent comme le fondement même de la révolution et de sa mise en récit.


Révoltes polonaises, résistances culturelles. De la période des partages à la chute de communisme

Julie BOISARD, Doctorante en Histoire de l'Art, CGC - UMR 5605 - UB

Résumé

La résistance culturelle polonaise fait écho aux nombreuses révoltes de ce peuple régulièrement privé de liberté. La période des Partages (18e siècle)marque profondément le peuple polonais, inscrivant dans son histoire l'habitude de la révolte et de la résistance, tant sociale que culturelle. À la veille de la grande Guerre, la Pologne n'existe plus depuis plus d'un siècle, mais l'esprit nationaliste et patriote donne naissance à une culture vouée à la résistance contre la disparition d'un pays annihilé. Lors de la Seconde guerre mondiale, la résistance culturelle est de nouveau une réponse à l'anéantissement programmé par les nazis ; après la sombre période du stalinisme, la révolte retrouvera le champ social. À partir des années 80, et à plus forte raison après la chute du communisme, la nouvelle garde n'aura de cesse d'interroger l'histoire polonaise jusque dans ses plus profondes ambiguïtés, renouant avec l'insoumission culturelle qui a sauvé la Pologne de bien des disparitions.


Marina Tsvetaeva : la résistance de l'Amazone

Massimo DE GIUSTI, Doctorant en Lettres modernes, CPTC - EA 4178 - UB

Résumé

Aussitôt qu'il se retrouve enfermé dans un système totalitaire, tout homme songe à se révolter. Marina Tsvétaeva (1892–1941), l'une des artistes russes parmi les plus importants du 20ème siècle, a toujours su rester fidèle à ses idéaux, et elle se révolta contre le Régime soviétique à sa manière, ne menant pas une lutte politique ou armée, mais strictement poétique.


Résistance(s), révolte(s) et révolution(s) chez Michel Foucault

Mathieu FONTAINE, Doctorant en Philosophie, CGC - UMR 5605 - UB

Résumé

On s'évertuera à débrouiller les rapports qui peuvent exister entre les notions de résistance, de révolte et de révolution en suivant plus précisément, comme fil conducteur de l'étude, le lien double de fascination et de méfiance qui retient Michel Foucault à l'idée de révolution. On demandera si et comment peuvent s'articuler toutes ces multiples figures d'opposition au pouvoir, et singulièrement si la révolution, dans ses modalités héritées de la tradition marxiste et les effets normatifs qu'elles véhiculent, n'est pas la principale résistance à une révolution autre – peut-être davantage respectueuse de la singularité ou de la différence qui définit toute action de résistance. On demandera par conséquent si toute résistance contre « du » pouvoir ne devrait pas se redoubler en une résistance contre une certaine tentation révolutionnaire. En somme, on voudrait penser une résistance, une révolte, et même une révolution, non révolutionnaire.








 

Revue électronique publiée par la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon, en partenariat l'ED491 de l'université de Bourgogne avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1961-9936