Numero 14 - Actes du colloque 2014


Articles


Editorial n°14

Morgan Poggioli, Ingénieur d'étude, ED LISIT - UB

Les Marca (fin XVIIe – début XIXe siècles). Itinéraires et activité d’une dynastie de stucateurs piémontais en Franche-Comté et en Bourgogne.

Mickaël Zito, Docteur en Histoire de l'art, CPTC - EA 4178 – UB

Résumé

Le sujet abordé dans cette thèse est la famille Marca, dynastie piémontaise originaire de la Valsesia spécialisée dans le travail du stuc. Au début du XVIIIe siècle, certains membres de cette famille migrèrent vers la Franche-Comté en quête de travail tandis que les autres restèrent dans le Piémont. Les Marca installés en France accueillirent ensuite les autres artistes de la famille qui purent ainsi travailler dans la même région voire dans des zones limitrophes. Leurs ouvrages sont présents dans des lieux de culte et des demeures privées italiens, franc-comtois et bourguignons. Ces œuvres (retables, chaires à prêcher, statues et bas-reliefs en stuc) ont été réalisées entre la fin du  XVIIe siècle et le début du XIXe siècle. Ce travail consiste donc en une étude de cette famille italienne et de son activité.


Savoir être qu’est-ce à dire ? Du métier d’homme d’Emile de J.-J. Rousseau au savoir-être des apprenants d’aujourd’hui

Véronique DAGUES, Docteur en Sciences du langage, ELLIADD - EA 4661 - UFC

Résumé

Considérant que l’avancée proprement révolutionnaire de l’apprendre comme de l’enseigner chez Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe siècle avec Emile ou De l’éducation ont alimenté la pensée de l’éducation pendant près de deux siècles, la question est de savoir si les Approches communicatives, Perspective actionnelle et Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) apparus au XXe siècle ont précipité son destin jusqu’à son “oubli” par la didactique ou bien, si les nouveaux modèles d’enseignement-apprentissage rejouent Emile d’une toute autre façon.

Notre propos est aussi de rendre compte comment une œuvre purement imaginaire nous informe du continuum et de la rupture avec la tradition éducative depuis Platon. Si Emile annonce l’apprenant d’aujourd’hui, ils se séparent radicalement quant à leur « destination » (Kant) ; il est des conditions pour que le métier d’homme se transforme en savoir-être : Emile se sépare alors des nouveaux apprenants voyageurs.

De son côté, l’Essai sur l’origine des langues rousseauiste soulève une question embarrassante qui, même sondée par la linguistique, reste toujours en suspens. Le langage servirait-il à exprimer nos besoins et nos pensées ? Rousseau ne pense pas, Saussure non plus, d’autres, comme Lacan, prétendent même qu’il sert à tout autre chose qu’à la communication (?), et les poètes lui font dire de l’inconnu que l’on entend cependant. La parole serait-elle une fonction dont on apprendrait le mode d’emploi ?

Impliqués dans de nouvelles conceptions du langage, engagés dans les flux des objets et des hommes, pressés d’accélérer les échanges, la Didactique des Langues Etrangères (DLE) et le Français Langue Etrangère (FLE) ont perdu la trace de l’histoire et, avec elle, celle d’un illustre ancêtre qui pourtant voyait loin. Relire Rousseau, serait-ce un détour inutile ou une invitation à méditer l’à venir ?


L’encadrement juridique de la thérapie génique

Patricia Mariller, Docteur en Histoire du droit, CGC - UMR 7366 -UB

Résumé

La thérapie génique est une recherche biomédicale qui a rencontré un certain succès. Elle souffre d’un encadrement juridique complexe en raison d’une disparité des règles applicables. Cette étude vise à s’interroger sur la nature de l’encadrement de la thérapie génique du point de vu de la relation médicale puis sur le plan de la protection de la personne face aux manipulations génétiques.


L’art transgressif du graffiti. Pratiques et contrôle social

Nicolas MENSCH, Docteur en Sociologie, C3S -EA 4660 - UFC

Résumé

Faisant désormais partie de nos décors urbains, les graffiti, liés au hip-hop, sont les formes d’expression les plus méconnues et aussi les plus décriées de ce mouvement. Signes identitaires insaisissables pour le profane, les tags et les  graffs’ relèvent d’une pratique sociale et codifiée. Ceux qui les peignent s’inscrivent dans un réseau hiérarchisé où l’enjeu de reconnaissance s’obtient par l’autonomie, l’expérience et la transgression. Les graffiti, comme marques du désordre, sont à la source d’un sentiment d’insécurité. Leur effacement et les poursuites pénales menées à l’encontre de leurs auteurs reflètent la répression ordinaire de ce mouvement. En parallèle, des dispositifs de médiation culturelle ont favorisé la mise en avant de la valeur artistique du graffiti et l’émergence d’un débat autour de l’authenticité des œuvres en question.


Racial stacking et stéréotypes raciaux en sport collectif : Le cas particulier du basket-ball en contexte français

Rodolphe Perchot, Docteur en STAPS, SPMS - EA 4180 - UB

Résumé

Ce travail doctoral s’intéresse au phénomène de catégorisation et de stéréotypie à l’œuvre lorsque se joue la discrimination relative à l’appartenance ethnique au basket-ball. Dans une première phase réalisée en milieu naturel (racial stacking dans le championnat de basket-ball professionnel français), une première étude met en évidence une tendance à la surreprésentation des joueurs « blancs » au poste de meneur, considéré comme central au regard de la performance. Dans une seconde phase s’articulant autour de trois expériences, en impliquant des sujets (sportifs et non sportifs) en tant qu’entraîneurs dans un contexte expérimental, sont mis en évidence l’existence de biais de catégorisation (racial stacking), de stéréotypes (attribution de caractéristiques en adéquation avec les stéréotypes raciaux) et de discours (implication plus favorable dans les discours pour un joueur blanc que pour un joueur noir). Contrairement aux hypothèses attendues, les sujets qui appartiennent au milieu sportif mobilisent plus fortement les stéréotypes raciaux que les sujets non sportifs. Dans une troisième phase, une étude à propos du concept de centralité au basket-ball permet de déterminer que les postes de meneur de jeu et d’arrière (extérieurs) sont considérés comme plus centraux que les postes d’ailier fort et de pivot (intérieur) et le poste d’ailier comme polyvalent (à la fois central et non central). Dans une quatrième phase, nous avons mis en exergue que les biais de catégorisation et de stéréotypie peuvent être activés dans un univers virtuel dans lequel les joueurs ont des capacités équivalentes (jeu vidéo). Les effets de discrimination (favoritisme endogroupe) sont potentialisés par l’issue positive du match. Dans une cinquième phase, à travers l’accès à la nature des relations entre basketteurs blancs et basketteurs noirs, alors que de prime abord les résultats semblent mettre en évidence une discrimination positive à l’égard des basketteurs noirs, l’analyse fait apparaître un effet de survalorisation à l’avantage des basketteurs blancs (biais d’auto-favoritisme), considérés comme plus prépondérants dans leur équipe que leurs homologues noirs. Enfin, dans une dernière phase ayant pour objectif de tester les effets de la menace du stéréotype sur la performance (aspect moteur) et le discours (aspect cognitif), les résultats ne mettent pas en évidence d’effet de la menace du stéréotype. L’évaluation entraîne une amélioration de la performance chez les joueurs noirs alors qu’elle n’a pas d’effet sur les joueurs blancs. De plus, les joueurs noirs verbalisent le stéréotype comme un boost, alors que pour les joueurs blancs, il est considéré comme un frein. En conclusion, ce travail doctoral démontre l’importance d’une investigation plurielle afin d’approfondir la compréhension des phénomènes de discrimination en sport.


Logique juridique et logique probabiliste a l’epoque moderne

Angela PALERMO, Docteur en Philosophie, Logique de l'agir - EA 2274 - UFC

Résumé

Notre projet de recherche consiste à analyser les relations étroites qu’entretiennent la logique juridique et le raisonnement probabiliste dans la constitution du calcul des probabilités, c’est à dire depuis son origine au XVIIe siècle jusqu’au siècle des Lumières. L’étude de la logique juridique pousse inévitablement à examiner les rapports entre logique et rhétorique, et à repenser la rhétorique à la lumière de son incontournable rôle logique et, de même, à montrer que toute étude sur la logique juridique doit passer inévitablement par l’étude de la logique de l’argumentation. J'ai montré, contre la thèse qui réduit le raisonnement juridique à une simple rhétorique, que celui-ci répond à une exigence de vérité, ce qui exige de repenser la relation essentielle entre logique et rhétorique dans le champ juridique. La logique ici mobilisée est une logique de la probabilité, laquelle est appropriée à la rationalité pragmatique. C’est du même coup la relation entre logique juridique et logique probabiliste qui se trouve interrogée, à la fois dans une perspective historique, mais surtout du point de vue de philosophie de la science, puisque ces éléments constituent un bon point de départ pour se poser la question de la signification de la gnoséologie et, plus largement, de la validité des théories gnoséologiques. Mais pas seulement : en effet, nombre de philosophes contemporains des sciences ont mis l’accent sur le rôle des métaphores humanistes et des « sciences humaines » dans le développement des théories scientifiques. C’est en quoi consistent l’actualité de ces études et l’utilité de ces questions qui sont intéressantes parce qu’elles se posent à la limite entre la philosophie des sciences et la philosophie morale, brisant ainsi l’ancien dualisme qui a fait écran à la théorie de la connaissance pendant des siècles et qui a encore ses défenseurs dans le monde de certains philosophes analytiques. Nous avons donc montré que logique juridique et logique probabiliste peuvent être considérées comme des paradigmes gnoséologiques tout à fait nouveaux.


Les relations entre les cités de Lusitanie au Haut-Empire

Susana Marcos, Docteur en Histoire, ARTEHIS - UMR 6298 - UB

Résumé

Aborder les relations entre les cités de Lusitanie à l'époque impériale offre l'occasion d'envisager des problématiques fondamentales à la lumière d'outils et de concepts géographiques. C'est ce prisme qui confère à l'étude toute son originalité. À partir de la représentation cartographique de divers phénomènes, choisis parmi les dossiers les plus révélateurs, il s'agit, d'une part, de déterminer les liens et les échanges qui existent ou non, entre les civitates de la province, d'identifier les flux et de caractériser ainsi les aires d'influence de chacune. Par ailleurs, l'analyse identifie à la fois leur impact dans la constitution d'éventuels réseaux, mais aussi les facteurs de hiérarchisation dans la nouvelle province romaine. Ainsi, cette étude à l'échelle provinciale, cadre pourtant trop souvent négligé par la recherche, tente de définir des critères et les modalités dont ont dépendu les liens noués. L'objectif est alors de comprendre dans quelle mesure la mise en place des cités, symboles par excellence de l'empreinte de Rome, tout comme leurs différences de statuts, ont joué dans les relations qu'elles entretiennent entre elles, de manière à voir se dessiner une nouvelle hiérarchisation de l'espace. Fondée sur la diversité et la comparaison de sources, avant tout épigraphiques, comme en témoigne la constitution d'une base de données, mais aussi archéologiques et littéraires, l'étude repose sur un corpus documentaire qui propose une vue analytique de ces multiples relations.


Le hasard en sociologie. Autour des pratiques quotidiennes des jeux d’alea

Audrey VALIN, Docteur en Sociologie, C3S - EA4660 - UFC

Résumé

Le hasard est un thème classique et récurrent en sciences humaines mais ne constitue guère un objet à part entière pour la discipline sociologique. Le plus souvent, le vocable est évoqué pour l’analyse d’autres thématiques. Pour comprendre les motifs de cette occultation, ce travail de doctorat place le hasard comme objet sociologique et l’interroge sous ses angles théoriques et empiriques. L’objectif est de saisir son utilité en société, pour les membres et les institutions la formant, afin d’en révéler les fonctions et les modalités. Pour ce faire, la thèse explore d’abord les domaines de la connaissance étudiant le hasard à travers leurs théorisations respectives en suivant une logique pluridisciplinaire (philosophie, mathématiques, physiques, biologie, économie, anthropologie et sociologie). Ensuite, un terrain spécifique est retenu pour rendre compte des manières de vivre ce hasard dans des pratiques quotidiennes. Choisis pour leur popularité, les jeux d’alea sont investigués dans les trois secteurs historiques des jeux en France : la « Française des Jeux », les casinos et le « Pari Mutuel Urbain ». Dans un va-et-vient permanent entre recherches théoriques et empiriques, la place du hasard se laisse finalement appréhender : à la fois concept et moteur d’action, celui-ci s’inscrit dans des représentations. Aussi l’analyse de ces processus de création et appréhension du monde social permet-elle de mieux concevoir le statut et le rôle de l’aléa dans notre société contemporaine.


Capital humain et compétences de base des adultes

Aline BRANCHE SEIGEOT, Docteure en Sciences économiques, IREDU - EA 7318 - UB

La construction d’une Europe environnementale

Franck Dubois, Docteur en Histoire, ThéMA - UMR 6049 - UB







 

Revue électronique publiée par la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon, en partenariat l'ED491 de l'université de Bourgogne avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1961-9936