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Numéro 2 - Automne 2011 > Comptes rendus : le mouvement trotskyste

compte rendu

Les trotskystes « lambertistes » de 1952 à 1969 , mémoire de Master Histoire 2ème  année (sous la direction de Michel Dreyfus et Annie Fourcaut), Université de Paris I, 2007, 92 pages

Par Jean-Guillaume Lanuque


Jean HENTZGEN

Dans la continuité de son travail de maîtrise, qui portait plus spécifiquement sur les premières années du PCI majoritaire, future organisation « lambertiste » (voir notre recension sur ce même site (1)), Jean Hentzgen a décidé d'entamer un travail de thèse sur la période 1952-1969, choisissant d'arrêter son étude au moment de la démission du général de Gaulle, année qui voit l'OCI dissoute se transformer en OT, approuver la ligne du secrétaire général de FO (dans le cadre du non au référendum) et appeler à voter aux présidentielles pour les candidats socialiste ou communiste. Ce mémoire n'est toutefois qu'une présentation sommaire de ce futur travail de thèse que nous attendons avec beaucoup d'intérêt. Après une série de commentaires critiques sur la bibliographie et les sources, qui occupent plus de la moitié de l'ensemble, J. Hentzgen aborde les axes de sa recherche en cours. Sa problématique, en particulier, semble prometteuse : au-delà d'une reconstitution chronologique minutieuse nécessaire (éclairant par exemple l'entrisme à l'UGS, au PSA et au PSU, ou la construction des organisations de jeunesse), il s'agira de voir si « le courant lambertiste évolue […] vers la social démocratie durant notre période ? » (p. 55). L'auteur développe ensuite davantage un des axes de son étude, celui de la « doctrine » lambertiste, qu'il voit comme «  un ensemble cohérent (…) dès le début des années soixante  » (p. 56). Parmi les principales caractéristiques qu'il relève, on trouve une franche hostilité à la bureaucratie soviétique et aux Partis communistes (dont la lutte contre le « pablisme » fait partie, en tant que complice supposé) ; une fidélité scrupuleuse au trotskysme, qui s'accompagne d'une « méfiance envers la nouveauté » (les exemples des critiques sur le nouveau roman et le rock méritent d'être creusés) ; un souci d'implantation au sein de la classe ouvrière, passant par les organisations syndicales ; la revendication récurrente de front unique ouvrier ; la construction rigoureuse du parti révolutionnaire ; le catastrophisme. Période clef dans la genèse de l'OCI dominante des années 70, elle promet d'avoir son étude de référence, l'équivalent pour la Ligue de la thèse œuvre de Jean-Paul Salles. Mentionnons cependant un étrange choix de vocabulaire : si le terme de « lambertistes » est bien entre guillemets dans le titre, il ne l'est absolument pas dans le corps du texte, ce que nous regrettons (2).

Jean-Guillaume Lanuque

(1) Précisons également que cette maîtrise est toujours accessible sur le site http://jeanalain.monfort.free.fr/Hentzgen/agir2.htm

(2) Voir notre article « Réflexions et réfections sur l'utilisation du vocabulaire dans l'étude de l'extrême gauche », in Bulletin de Liaison des Etudes sur les Mouvements Révolutionnaires , numéro 1, décembre 1998, p.5.


Pour citer cet article


HENTZGEN Jean. Les trotskystes « lambertistes » de 1952 à 1969 , mémoire de Master Histoire 2ème  année (sous la direction de Michel Dreyfus et Annie Fourcaut), Université de Paris I, 2007, 92 pages : Par Jean-Guillaume Lanuque.

Revue électronique dissidences
[en ligne], Numéro 2 - Automne 2011, 12 avril 2011. Disponible sur Internet : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=569




 
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