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Bibliothèque de comptes rendus : juin 2011 > Nos archives du mois : le marxisme

compte rendu

Communistes , Paris, La ville brûle, 2009, 142 p

par Georges Ubbiali


Roger MARTELLI

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Roger MARTELLI, Communistes , Paris, La ville brûle

En parallèle au livre d'Irène Pereira sur les anarchistes, les éditions « la ville brûle » publient dans leur collection engagée-e- s ce petit ouvrage signé Roger Martelli. Ce dernier, directeur de la revue Regards, est par ailleurs un historien et militant communiste qui vient de rompre publiquement avec le PCF. Oppositionnel de longue date, de sensibilité communiste unitaire, ce dernier offre avec ce petit livre à la fois une présentation de bonne facture du courant communiste en même temps que l'esquisse d'une réflexion sur l'avenir de celui-ci. Ce que démontre Martelli, c'est que le communisme a des racines historiques qui dépasse de très loin à la fois l'histoire du PCF, pour ce qui concerne l'historie hexagonale, et l'histoire des XIX-XX e siècles. En tant que philosophie de l'égalité sociale, le communisme plonge ses racines dans les contradictions des sociétés inégalitaires depuis de nombreux siècles, même si c'est avec le XIX e siècle qu'il s'est construit comme parti organisé, sur la base du prolétariat. A partir ce postulat, avec brio, Martelli sait présenter très cursivement l'histoire du communisme, à partir de l'évènement fondateur que fut la révolution russe, puis sa dégénérescence stalinienne. S'il avoue au détour d'une phrase sa préférence pour Boukharine plutôt que Trotsky, il n'en reste pas moins qu'il ne rabat pas l'histoire du courant communiste sur le stalinisme triomphant. De ce point de vue, les quelques notations qu'il glisse ici ou là sur l'avenir du communisme, mériteraient naturellement un développement bien au-delà de ce que la formule permise par la collection autorise. C'est donc bien à la fois un ouvrage de synthèse (de ce point de vue, les illustrations sur différents personnages, parfois inattendus, ainsi le Che ou Bakounine seront forts utiles pour ceux qui liront ce livre avec les yeux naïfs des novices) et en même temps l'esquisse d'une réflexion plus ambitieuse sur l'avenir du courant communiste qui est offert avec ce livre. Et nul doute que l'appréciation selon laquelle «  Quelque chose du communisme est irrémédiablement obsolète : la forme bolchevique prise par le « parti communiste » (...) Dépasser le bolchevisme est la condition de survie du communisme politique. Or « dépasser », ce n'est ni conserver ni oublier…  », concluant l'ouvrage, appelle à des discussions et des débats fondamentaux. La révolution est à venir, mais quelle forme prendra-t-elle ? Il est des questions plus futiles que l'on peut se poser en reposant un ouvrage. L'auteur de ce Communistes , avec finesse et intelligence invite à prolonger la réflexion.

Georges Ubbiali


Pour citer cet article


MARTELLI Roger. Communistes , Paris, La ville brûle, 2009, 142 p : par Georges Ubbiali.

Revue électronique dissidences
[en ligne], Bibliothèque de comptes rendus : juin 2011, 7 avril 2011. Disponible sur Internet : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=473




 
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