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Numéro 2 - Automne 2011 > Outils : le trotskysme en France

Article

Trotskysmes en France : chronologie(1928-2009)



Date de publication : 2 avril 2011


Texte intégral

-Février 1928 : Publication du n°1 de La Lutte de classe (issu de Clarté), de Pierre Naville,

qui devient à partir du n°17 (janvier 1930) la revue théorique mensuelle de l'Opposition de

Gauche et dès le n°36 (15 mars 1932) celle de la Ligue communiste. Le dernier n° sort en mai

1935.

-15 août 1929 : Publication du n°1 de La Vérité, « hebdomadaire de l'Opposition communiste », dans le but de redresser la IIIe Internationale.

-Avril 1930 : Fondation de la Ligue communiste (LC) autour de Pierre Naville et Alfred Rosmer.

-Avril 1930 : Première Conférence internationale de l’Opposition de Gauche et constitution d’un Secrétariat international provisoire.

-30 mai 1930 : Expulsion de France de 19 militants trotskystes indochinois, dont Ta Thu

Thau, pour une manifestation devant l'Elysée le 24 mai 1930.

-20 mai 1932 : La LC appelle à réaliser le « front unique en Allemagne contre les nazis ».

-4-8 février 1933 : Préconférence de l’Opposition de Gauche internationale : après l’arrivée d’Hitler au pouvoir elle s’oriente vers la création d’une nouvelle Internationale, la IVe.

-22 juillet 1933-10 juin 1935 : Léon Trotsky séjourne en France (Saint-Palais, Barbizon,

Domène).

-19-21 août 1933 : Naissance de la Ligue communiste internationale (bolchevik-léniniste), à la suite d'une réunion (plenum) de six sections de l'Opposition internationale.

-29 août 1934 : Début de l’entrisme ou « tournant français », par adhésion à la SFIO des militants de la Ligue communiste, qui devient le « Groupe bolchevik léniniste (GBL) », afin

de donner un contenu actif au Front unique.

-28-30 juillet 1935 : Au Congrès de Lille des Jeunesses socialistes, exclusion de la tendance

bolchevik-léniniste (les JS de la Seine), 1ere phase de l'exclusion des trotskystes de la SFIO.

-Août 1935 : Publication dans La Vérité de la Lettre ouverte pour la IVe Internationale.

-15 septembre 1935 : La commission nationale des conflits de la SFIO décide l'exclusion du

GBL.

-2 octobre 1935 : La Commission administrative permanente (CAP) de la SFIO prononce

l'exclusion du Groupe bolchevik léniniste (GBL), qui est confirmée par le conseil national le

17 novembre 1935.

-6 décembre 1935 : Publication du n°1 de La Commune par le « groupe Molinier-Frank » et création dans la foulée des Groupes d'action révolutionnaire.

-Janvier 1936 : Les Jeunesses socialistes de la Seine rompent avec la SFIO et créent les JSR

(Jeunesses socialistes révolutionnaires), dont Révolution (dirigé par Fred Zeller) deviendra le mensuel à partir de juillet 1936.

-7-8 mars 1936 : Création du Parti communiste internationaliste (PCI) par le « groupe

Molinier-Frank », à partir des Groupes d'action révolutionnaires (GAR). La Commune devient alors l'organe du PCI.

-12 avril 1936 : Congrès de fondation, autour des JSR et du GBL (Pierre Naville-Jean Rous), du Parti ouvrier révolutionnaire (POR).

-Mai-Juin 1936 : Fusion, pour peu de temps, du Parti ouvrier révolutionnaire (POR) de

Naville-Rous, du Parti communiste internationaliste (PCI) de Molinier-Frank et des Jeunesses socialistes révolutionnaires (JSR) en un Parti ouvrier internationaliste (POI).

-2 juin 1936 : Les poètes surréalistes Benjamin Péret et Léo Malet (futur auteur de polars) adhèrent au POI. Avec J. Rous, B. Péret est délégué du POI en Espagne, où il se bat dans les colonnes du POUM, puis dans la colonne Durruti (libertaire).

-12 juin 1936 : Publication du n°1 de l'hebdomadaire La Lutte ouvrière, « organe de masse » du POI.

-29-31 juillet 1936, salle Pleyel à Paris : conférence internationale pour organiser le mouvement pour la IVe Internationale.

-A la fin de l’été 1936, les trotskystes français scissionnent de nouveau : le groupe Molinier

Frank quitte le POI avec les Jeunesses, recrée le PCI, fonde les Jeunesses communistes internationalistes et republie La Commune. A la demande de Léon Trotsky, ils seront exclus de l'organisation internationale.

-Août 1936 : David Rousset est envoyé au Maroc par le POI pour créer une section marocaine de ce qui n'est pas encore la IVe Internationale.

-Août 1936 : Premier procès de Moscou (Zinoviev-Kamenev)

-Octobre 1936 : Publication du n°1 de Quatrième Internationale, revue théorique succédant à

La Lutte de classe. Le dernier n° (n°17) paraît en mai 1939.

-11 novembre 1936 : Création par Rodolphe Prager et Roger Foirier, des Jeunesses communistes internationalistes, de la Fédérations des pionniers rouges.

-Janvier 1937 : Deuxième procès de Moscou (Piatakov-Radek).

-En 1937, le Guépéou intensifie la chasse aux trotskystes hors d’URSS, assassinant Erwin

Wolf, secrétaire de Trotsky, Ignace Reiss en Suisse, Andreu Nin en Espagne.

-Janvier 1938 : Publication du n°1 de la revue La Vérité, du PCI.

-En février 1938, Léon Sédov, le fils de Trotsky, décède dans des conditions suspectes dans une clinique parisienne.

-Mars 1938 : Troisième procès de Moscou (Boukharine-Rykov-Racovsky).

-8 juin 1938 : Au XXVe Congrès de la SFIO (Royan), la tendance de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert scissionne et fonde le Parti socialiste ouvrier et paysan

(PSOP).

-14 juillet 1938 : Rudolf Klement, secrétaire administratif de la Ligue communiste internationaliste, disparaît à Paris, assassiné par des tueurs du Guépéou : son corps sans tête est retrouvé le 24 août 1938 dans la Seine.

-25 juillet 1938 : Du Mexique, André Breton et Léon Trotsky (avec Diego Rivera) lancent le

Manifeste pour un art révolutionnaire indépendant et créent la Fédération internationale pour un art révolutionnaire indépendant (FIARI).

-Septembre 1938 : Exclusion de Raymond Molinier du POI et de la IVe Internationale, en février 1944 il sera réintégré dans l’organisation unifiée.

-3 septembre 1938 : A Périgny (Seine-et-Oise), dans le pavillon d’Alfred et Marguerite

Rosmer, Congrès de fondation de la IVe Internationale (28 organisations ou groupes de 12 pays) et adoption du Programme de transition et des statuts de l’organisation.

B) Les trotskystes français confrontés à la guerre

-15 janvier 1939 : 3e Congrès du POI : la majorité (P. Naville) s'oppose à l'entrée au PSOP.

-Janvier 1939 : Parution du n°1 de Clé, bulletin mensuel de la FIARI.

-Février 1939 : Parution du n°2 et dernier n° de Clé.

-3 février : La minorité (Craipeau-Rous) du POI accepte d’entrer au PSOP, où elle s'organise en fraction, les Comités pour la IVe Internationale.

-26 mai 1939 : Dernier n° (n°128) de La Lutte ouvrière, du POI.

-15 juin 1939 : la majorité des militants du POI ayant refusé d’entrer dans le PSOP, le POI est dissous par la direction de la IVe Internationale.

-3 juin 1939 : Les Jeunesses socialistes ouvrières et paysannes (JSOP) excluent de leurs rangs les trotskystes.

-1er septembre 1939 : Formation du « groupe Barta », à l’initiative de David Korner dit Barta, en rupture avec la IVe Internationale.

-20 novembre 1939 : Exclusion des militants des Comités pour la IVe Internationale du

PSOP.

-13 février 1940 : Arrestation du postier trotskyste Charles Margne avec une dizaine de ses camarades du futur CCI. Procès et condamnation en mai.

-20 août 1940 : Assassinat de Trotsky par Ramon Mercader à Coyoacan (Mexique).

-Août 1940 : le PSOP ayant cessé d’exister, entristes (Craipeau) et non entristes (Hic-Rousset) de l’ex-POI s’unifient dans un Comité pour la IVe Internationale. Ils publient La Vérité clandestine dès cette date (1er n° le 31 août). D’autres militants trotskystes de l'ex-PCI s’organisent autour de La Seule voie (Jacques Privas) en mars 1942, et ils créeront le Comité communiste internationaliste (CCI) en mars 1943. Un des militants de ce parti, Pierre Frank, avait été envoyé en délégation en Grande-Bretagne en août 1939.

-Septembre 1940 : Création du Mouvement national révolutionnaire (MNR) par des anciens entristes au PSOP (Jean Rous), d'anciens membres de ce PSOP (Maurice Jaquier) ou du POI

(Fred Zeller).

-Novembre 1940 : A Marseille, des anciens du POI autour du comédien Sylvain Itkine et de

René Bleibtreu, créent une coopérative ouvrière, le Croque-fruit, qui servira jusqu'en

novembre 1942, à aider des réfugiés et des exilés.

-Mai 1941 : Publication à Paris du recueil (poèmes et dessins) du groupe surréaliste La Main à plume, qui comprend de nombreux trotskystes (dont Gérard de Sède, Emile Guikovaty,

Adolphe Acker, qui fut du mensuel de la FIARI, Clé).

-3 juillet 1941 : Jean Meichler, ex-PCI et rédacteur du journal en allemand Unser Wort, est arrêté et fusillé en septembre 1941.

-22 octobre 1941 : Parmi les 27 otages communistes fusillés à Châteaubriant figure un trotskyste, Marc Bourhis et un opposant à la ligne stalinienne, Pierre Guéguen, ancien maire

de Concarneau..

-2 juillet 1942 : Arrestation de la direction du Comité pour la IVe Internationale de la zone

Sud.

-Octobre 1942 : Formation du Groupe communiste (GC), autour de Barta, qui commence à publier La Lutte de Classes.

-26-27 décembre 1942 : le Comité pour la IVe Internationale reprend le nom de POI.

-Début 1943 : Création du groupe Octobre, issu du Mouvement abondanciste, et dirigé par

Henri Molinier.

-Février 1943 : Publication du n°1 de la revue théorique du POI, Le Militant.

-A partir de juillet 1943 : Publication d’Arbeiter und Soldat par les militants du POI en direction des soldats allemands.

-17 octobre 1943, arrestation du groupe de Brest des diffuseurs d’Arbeiter und Soldat. Robert

Cruau meurt sous la torture. Plusieurs dirigeants sont arrêtés à Paris, parmi lesquels David

Rousset et Marcel Hic, mort en déportation.

-fin 1943 : « Meurtres au maquis » : 4 militants trotskystes (Pietro Tresso, Jean Reboul,

Abraham Sadek, Maurice Segal) sont assassinés par leurs camarades staliniens avec qui ils venaient de s’évader de la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire).

-Février-mars 1944 : Naissance du PCI par regroupement du POI, du CCI et du Groupe

Octobre. Mais les partisans de Barta restent à l’écart. La Vérité devient l'organe de ce nouveau

PCI.

-Mai 1944 : Dans le groupe surréaliste La Main à plume, scission de fait entre la majorité passée au PCF et les trotskystes.

C) De la Libération à la scission de 1952

-20 août 1944 : A Lyon, Sylvain Itkine, ancien du Croque-Fruit, est abattu par la Gestapo de

Lyon pour son activité au sein des Mouvements unis de résistance (MUR).

-23 août 1944 : Lors des combats pour libérer Paris, Henri Molinier, un des fondateurs du groupe Octobre et responsable militaire du PCI, est tué par un obus allemand.

-29 août 1944 : Demande officielle par le PCI de l'autorisation de faire paraître La Vérité.

- 10 octobre 1944 : Le Groupe communiste (GC) de Barta devient l'Union communiste (UC).

-Novembre 1944 : 1er congrès du PCI-SFQI (Section française de la Quatrième

Internationale).

-Juillet 1945 : Le PCI est enregistré au Journal officiel (JO).

-Octobre 1945 : Publication par l'UC de Barta de La Voix des travailleurs, « bulletin interusines

».

-Décembre 1945 : Publication du n°1 de Front ouvrier, « organe d'information et de discussion syndicale ».

-1945-46 : Le PCI présente des candidats aux élections législatives (21 octobre 1945, et 2 juin

1946). En juin 1946, Yvan Craipeau manque de peu son élection en Seine-et-Oise, avec 14

000 voix; Laurent Schwartz est candidat à Grenoble.

-1946 : David Rousset, revenu des camps, publie L’univers concentrationnaire (Editions du

Pavois), récit de sa déportation à Buchenwald.

-23 et 28 janvier 1946 : Rencontres (infructueuses) entre le PCI et l'UC de Barta, avant le 2e

Congrès du PCI.

-Février 1946 : 2e Congrès du PCI où D. Rousset est exclu.

-Avril 1946 : La Vérité autorisée à reparaître, un an après la fin de la guerre.

-Avril 1946 : 2e Congrès des Jeunesses socialistes : les trotskystes sont majoritaires à la direction.

-Mai-juin 1946 : Dans Les cahiers du communisme (PCF) Etienne Fajon écrit son article :

« Un instrument du fascisme et de la réaction : le trotskisme ».

-7-11 septembre 1946 : 3e Congrès du PCI : les « droitiers » (Craipeau, Demazière) sont majoritaires.

-20 novembre 1946 : Publication du n°1 de La Jeune garde, des Jeunesses communistes internationalistes. Fin de la publication (n°6) en octobre 1947.

-Avril-Mai 1947 : Pierre Bois, militant de l’UC, conseillé par Barta, est à l’origine d’une grève à Renault-Billancourt (elle débute le 25 avril), contrôlée ensuite par la CGT, dont le gouvernement tripartite se servira comme prétexte pour exclure les ministres communistes.

-Pâques 1947 : 1er Congrès de la JCI.

-Juin 1947 : les militants de l’UC créent le Syndicat Démocratique Renault (SDR).

-Juin 1947 : la direction de la SFIO dissout les Jeunesses socialistes (et leur organe Le

Drapeau rouge) accusées d’être gagnées au trotskysme.

-Novembre 1947 : 4e Congrès du PCI, la « gauche » (Frank, Bleibtreu) obtient la majorité.

-6 décembre 1947 : Le PCI organise une manifestation anti-colonialiste à Paris

-28 février 1948 : Création du Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR) par D.

Rousset, J.-P. Sartre et des membres « droitiers » du PCI comme Demazière, Filiâtre, Parisot etc.

-Avril 1948 : Rupture effective de G. Munis et de B. Péret avec la IVe Internationale.

-2 avril 1948 : exclusion des « droitiers » du PCI (6 membres du CC), qui avaient adhéré au

RDR (Rassemblement démocratique révolutionnaire) de Sartre-Rousset.

-2-21 avril 1948, à Paris, IIe Congrès mondial de la IVe Internationale (52 délégués de 19 pays).

-23 avril 1948 : Des dirigeants du PCI sont condamnés à des amendes pour « atteinte au moral de l'armée » pour leur lutte contre l’intervention de l’armée française en Indochine.

-Juillet 1948 : 5e Congrès du PCI.

-Automne 1948 : le groupe de Marcel Pennetier et Jacques Gallienne, partisans de la thèse de l’URSS comme capitalisme d’Etat, quitte le PCI.

-Janvier 1949 : Fondation de l'Union ouvrière internationaliste par le groupe espagnol de

Munis, le groupe Pennetier-Gallienne et quelques trotskystes vietnamiens.

-28 février 1949 : Le groupe Socialisme ou Barbarie (C. Castoriadis - C. Lefort) annonce son départ officiel du PCI par une Lettre ouverte aux militants du PCI et de la « IVe

Internationale ».

-Mars 1949 : Publication du n°1 de la revue Socialisme ou Barbarie.

-Mars 1949 : Publication du n°1 de Jeune Révolution, du Mouvement révolutionnaire de la jeunesse (MRJ), qui succède en tant qu’organisation de jeunesse aux JCI.

-14 avril 1949 : Grand meeting contre la guerre d'Indochine, avec la participation du PCI.

-Juin 1949 : A Renault-Billancourt, aux élections des délégués du personnel, le SDR obtient

1283 voix et 7 élus, dont P. Bois.

-1950 : Création du Clado (Comité de liaison et d’action pour la démocratie ouvrière) à

Nantes par des militants trotskystes et des anarchosyndicalistes.

-Janvier 1950 : 6e Congrès du PCI.

-30 mars 1950 : La Lutte de Classes disparaît et l’UC, qu'un groupe autour de P. Bois a quitté

en 1949, cesse d’exister début 1951.

-Janvier 1951 : Michel Pablo (Raptis) publie son fameux texte Où allons-nous ?

-9 mai 1951 : La veuve de Léon Trotsky, Natalia Sedova, annonce par lettre sa rupture avec la

IVe Internationale.

-Juillet 1951 : 7e Congrès du PCI.

-16-25 août 1951 : IIIe Congrès mondial de la IVe Internationale. Adoption des thèses de

Pablo.

-13 juillet 1952 : Scission au 8e Congrès du PCI : il y a en fait deux « congrès », celui des « majoritaires », qui refusent l'entrisme sui generis dans le PCF, autour de Pierre Lambert et

Marcel Bleibtreu, et celui des « minoritaires », partisans de cet entrisme, autour de Pierre

Frank. Le Mouvement révolutionnaire de la jeunesse (MRJ) passe du côté des majoritaires, avec son périodique Jeune Révolution.

-Août 1952 : Publication du n°1 de La Vérité des travailleurs (PCI autour de Pierre Frank).

-18 septembre 1952 : Reparution de La Vérité, du PCI majoritaire.

-Novembre 1952 : la direction de la IVe Internationale (Michel Pablo) exclut la majorité de la section française qui refusait l’entrisme et qui forme le PCI majoritaire (Lambert-Bleibtreu et

La Vérité), les partisans de Michel Pablo créant le PCI minoritaire (Pierre Frank et La Vérité des Travailleurs).

-23 novembre 1953 : Scission de la IVe Internationale, le PCI exclu étant à l’origine du

Comité International (CI), minoritaire à l’échelle internationale, qui regroupe en particulier le

SWP des Etats-Unis.

D) De la « grande scission » à Mai-Juin 1968

-Juillet 1954 : IVe Congrès mondial de la IVe Internationale.

-Juillet 1954 : 10e Congrès du PCI minoritaire

-Mi-1954 : Michèle Mestre et Mathias Corvin, membres du PCI minoritaire et entristes au

PCF, forment le groupe Le Communiste (LC) et rompent avec la IVe Internationale pour rejoindre les communistes orthodoxes.

-1er novembre 1954 : Début de la guerre d’Algérie pendant laquelle les trotskystes prennent des positions différentes, le PCI majoritaire soutenant le MNA, le PCI minoritaire le FLN (les premiers contacts entre le PCI, la IVe et le FLN ont lieu dans l'hiver 1954-1955).

-Mars 1955 : Exclusion de la minorité du PCI majoritaire (Marcel Bleibtreu, Michel

Lequenne), qui forme le Groupe Bolchevik-Léniniste (Trotskysme).

-Décembre 1955 : XIe Congrès du PCI minoritaire.

-Mars 1956 : Fondation de l’organe oppositionnel du PCF Tribune de Discussion par deux entristes trotskystes, Félix Guattari et Denis Berger.

-24 novembre 1956 : Refondation de l’UCI-VO (Union communiste internationaliste-Voix ouvrière) et reparution du bulletin La Lutte de Classe.

-Automne 1956 : La majorité du Groupe Bolchevik-Léniniste rejoint la Nouvelle Gauche.

-1957 : La Nouvelle Gauche s’intègre à l’Union de la gauche socialiste (UGS), les trotskystes

y publient Tribune Marxiste.

-Octobre 1957 : Ve congrès mondial de la IVe Internationale.

-Janvier 1958 : Création du groupe oppositionnel La Voie communiste au sein du PCF, par D.

Berger, F. Guattari et Gérard Spitzer, qui s'engage dans un soutien actif au FLN.

-Septembre 1958 : Départ de C. Lefort et de certains militants de Socialisme ou Barbarie, ils créent le groupe Information et Liaison Ouvrière (ILO).

-Mi-1958 : Création du bulletin ronéotypé Informations ouvrières par Pierre Lambert.

-Janvier 1960 : Le groupe ILO devient Information et Correspondance Ouvrière (ICO).

-10 juin 1960 : Aux Pays-Bas, arrestation de Michel Raptis (Pablo) pour aide au FLN (fabrication de fausse monnaie).

-Avril 1960 : L’UGS participe à la fondation du PSU. Rapidement une tendance trotskysante, les Socialistes Révolutionnaires (SR), est fondée dans le PSU.

-Janvier 1961 : VIe congrès mondial de la IVe Internationale, puis scission des Posadistes.

-Juin 1961 : Campagne de solidarité de la IVe Internationale lors du procès de M. Raptis à

Amsterdam (21-28 juin).

-1962 : Début de la parution de Voix Ouvrière, quinzomadaire puis hebdomadaire en 1967.

-Juin 1962 : Publication du n°1 de L’Internationale, qui remplace La Vérité des Travailleurs,

dernier n° (n°126) en mai 1962..

-1962 : Alain Krivine, membre du PCI minoritaire, constitue une fraction de gauche dans l’UEC.

-1962 : Des partisans de Posadas en France quittent le PCI minoritaire et fondent le Parti communiste révolutionnaire trotskyste (PCRT) (Lutte Communiste).

-Janvier 1963 : Au 2e congrès du PSU, la tendance SR recueille 10% des mandats.

-Mars 1962 : Début de l'installation de nombreux membres du PCI en Algérie, parmi d'autres militants appelés les « pieds-rouges », pour travailler à y instaurer le socialisme.

-Juin 1963 : VIIe congrès de la IVe Internationale, dit de réunification. Mise en place du

Secrétariat Unifié (SU) où se retrouvent notamment militants américains du SWP et français du PCI minoritaire.

-Juillet 1963 : Départ de Lyotard et d’autres de Socialisme ou Barbarie. Ils forment Pouvoir ouvrier (PO), qualifié de « conseilliste ».

-Février 1964 : Informations ouvrières devient un bulletin imprimé de 4 pages.

-Novembre 1965 : Publication du n°1 de La IVe Internationale, qui remplace

L'Internationale, dernier n° (n°37) en octobre 1965.

-Décembre 1965 : Michel Pablo est exclu du CEI de la IVe Internationale. Il forme la

Tendance marxiste révolutionnaire internationale (TMRI) (Sous le Drapeau du socialisme).

Ses partisans quittent le PCI minoritaire. Ils fonderont l’Alliance marxiste révolutionnaire

(AMR).

-1965 : L’ancien PCI majoritaire devient l’Organisation communiste internationaliste (OCI).

-Décembre 1965 : VIIIe congrès mondial de la IVe Internationale.

-2 avril 1966 : Après avoir été exclus de l’UEC, les militants regroupés autour d’A. Krivine créent la JCR, avec des militants venus des Etudiants socialistes unifiés (ESU).

-30 novembre 1966 : Fondation du Comité Vietnam National (CVN) à l’initiative notamment

de Madeleine Rebérioux, Laurent Schwartz, avec la participation de la JCR.

-22 mars 1968 : Fondation du Mouvement du 22 mars à l’Université de Nanterre, par des militants anarchistes (Cohn-Bendit, Duteuil) et des militants de la JCR (Bensaïd notamment).

-24-27 mars 1967 : Premier congrès national de la JCR à Paris (sa publication mensuelle :

Avant-Garde Jeunesse).

-Avril 1968 : Le CLER (Comité de liaison des étudiants révolutionnaires), organisation étudiante de l’OCI, devient la FER (Fédération des étudiants révolutionnaires).

-Mai 68 : Aux côtés de Cohn-Bendit, rôle majeur des militants de la JCR, notamment lors de

la nuit des barricades (10-11 mai) à Paris, alors que les militants de la FER les ont désertées.

-14 Mai 1968 : à Nantes, le militant de l’OCI Yvon Rocton contribue à mettre en grève avec occupation l’usine Sud-Aviation dans laquelle il travaille. Ce sera la première usine occupée.

-12 juin 1968 : Dissolution des organisations trotskystes et révolutionnaires (dont VO, le PCI minoritaire, la JCR, l’OCI). L’OCI devient l’OT, VO prendra le nom de Lutte ouvrière (LO).

E) Les « Années 1970 »

-12 septembre 1968 : Création de l’AJS, organisation de jeunesse de l’OCI, dotée du mensuel

Jeune Révolutionnaire.

-18 septembre 1968 : Parution du premier numéro de Rouge, bimensuel d’action communiste jusqu’au 1er mai 1969, puis hebdomadaire. Des Comités rouges s’organisent autour du journal.

-5-8 avril 1969 : 1er congrès de la Ligue communiste à Mannheim (Allemagne).

-26 avril 1969 : Agression contre Jean-Pierre Speller, militant de l’AJS.

-Mai 1969 : IXe congrès de la IVe Internationale en Italie. Il soutient la stratégie de la lutte armée en Amérique latine, malgré l’opposition des Américains du SWP.

-1er juin 1969 : Alain Krivine candidat de la LC aux élections présidentielles.

-Mi-1969 : Les militants enseignants de l’OCI quittent l’Ecole Emancipée (EE) pour créer l’EE-FUO (Front Unique Ouvrier).

-1er février 1970 : Rassemblement de 8.000 jeunes au Bourget à l’appel de l’AJS.

-4 juillet 1970 : Le Conseil d’Etat annule le décret de dissolution de l’OCI. L’OT redevient l’OCI.

-Octobre 1970 : Création du Secours rouge. Dans ce cadre, la LC se mobilise aux côtés du

PSU, en défense des militants maoïstes emprisonnés.

-15 novembre 1970 : Violents incidents à Censier entre militants maoïstes et militants de l’AJS.

-29-31 mai 1971 : IIe congrès de la LC à Rouen.

-1971 : Les militants de l’AJS créent l’UNEF-Unité Syndicale.

-Printemps 1971 : Départ ou exclusion des militants minoritaires de la LC regroupés autour de

Rivière (Isaac Johsua) et Créach (Henri Maler). Ils fondent peu après Révolution !

-24 mai 1971 : à l’appel de la LC et du SU de la IVe Internationale, plus de 15.000 personnes venues de France et de l’étranger défilent à Paris jusqu’au Père Lachaise pour commémorer le centenaire de la Commune.

-29-31 mai 1971 : Première fête de Lutte Ouvrière, à Presles (95). Après avoir organisé la fête

à Mériel (95) jusqu’en 1980, LO revient à Presles, ses militants y ayant acquis le château de

Bellevue.

-5 Novembre 1971 : Eclatement du Comité international (IVe Internationale).

-Janvier 1972 : Publication chez Maspero du Manifeste du Comité central de la LC, Ce que veut la Ligue communiste.

-25 février 1972 : Assassinat du militant maoïste Pierre Overney devant l’usine Renault. Ses obsèques sont l’occasion du rassemblement de presque toute l’extrême gauche, mais sans le

PCF ni la CGT (200.000 personnes).

-Mars-avril 1972 : A Saint-Brieuc, grève avec occupation du Joint français. Soutien massif de

la LC.

-Juin 1972 : Quelques dizaines de militants du PSU, dont Jacques Kergoat ou Guy Rey secrétaire de la section de Sedan annoncent leur adhésion à la LC.

-1er-4 juillet 1972 : Suite à l'éclatement du CI, l'OCI crée le Comité d'organisation pour la reconstruction de la Quatrième Internationale (CORQI).

-14 juillet 1972 : la LC et l’IMG (International Marxist Group, section britannique de la IVe

Internationale) appellent à manifester sur le plateau du Larzac en solidarité avec les paysans en lutte contre l’extension du camp militaire.

-12 septembre 1972 : LO relance l'unité d’action avec la LC.

-6-10 décembre 1972 : IIIe congrès de la LC à Versailles.

-Février-Mars 1973 : Mouvement lycéen contre la loi Debré. Les militants lycéens de la LC y jouent un rôle prépondérant. L’un d’eux, Michel Field, affronte le ministre Fontanet à la télévision.

-4-11 mars 1973 : Elections législatives : LO présente 171 candidats, la LC 91, l’OCI 19.

-21 juin 1973 : A Paris le service d’ordre de la LC attaque le meeting d’Ordre Nouveau, la

Ligue est dissoute le 27 juin.

-1973 : Exclusion de Michel Varga des rangs de l’OCI. Il fonde la LOR (Ligue ouvrière révolutionnaire) dont les militants seront attaqués physiquement par le SO de l’OCI, notamment le 3 mars 1974, à l’issue d’un meeting de l’OCI.

-Février 1974 : Xe congrès mondial de la IVe Internationale en Suède.

-Février 1974 : Grande manifestation (20 000 personnes) à Paris des Comités Chili, dans lesquels l'ex-LC est fortement présente.

-10 avril 1974 : Appel signé par 32 militants de l’ex-LC annonçant la création du FCR (Front communiste révolutionnaire).

-5 mai 1974 : Deuxième candidature d’A. Krivine aux élections présidentielles. Il réalise

0,36% des suffrages exprimés. Arlette Laguiller (LO), dont c’est la première candidature, obtient 2,33% des voix.

-16 mai 1974 : Appel des Cent rappelant les revendications des appelés du contingent. Les militants de l’ex-LC sous les drapeaux y ont pris une large part.

-Octobre 1974 : Publication par les illustrateurs Wiaz et Piotr Barsony (LC) des Hors-la-loi de Palente (Société internationale d'édition), BD sur le conflit de l'usine Lip, à Besançon.

-Novembre 1974 : Publication par la LCR du n° 1 des Cahiers de la Taupe, le dernier exemplaire (n°29) paraît en mai-juin 1979.

-19-22 décembre 1974 : Premier congrès de la LCR à Saint-Gratien (95). A l’issue de ce congrès les militantes ont obtenu le droit de se réunir en groupes non mixtes à l’intérieur de la

LCR (groupes Sand).

-Mars 1975 : Création à Amsterdam de l’Institut international de recherche et de formation, école de cadres de la IVe Internationale.

-Juin 1975 : Mise en place de l’école des cadres de la LCR à Dijon.

-11 juillet 1975 : Création de la Ligue trotskyste de France par des dissidents de la LCR et des militants de la Tendance spartakiste internationale.

-18-19 octobre 1975 : Fête-Forum à la Halle de La Villette pour le lancement du Quotidien

Rouge.

-15 mars 1976 : Début de la parution du Quotidien Rouge.

-4-5 décembre 1976 : La fusion entre Révolution ! et la GOP (Gauche ouvrière et paysanne), une tendance maoïsante du PSU, donne naissance à l’OCT (Organisation communiste des travailleurs (L’Etincelle).

-Janvier 1977 : IIe congrès de la LCR à la Maison de la Chimie, à Paris.

-Mars 1977 : Aux élections municipales, LO, la LCR et l’OCT présentent des listes communes dans 32 villes sous le sigle « Le socialisme. Le pouvoir aux travailleurs ».

-7-8 mai 1977 : Création des Comités communistes pour l’autogestion (CCA) par des militants « pablistes » venus du PSU et des militants issus de la LCR (François Morvan, Robi

Morder).

-30-31 juillet 1977 : Les militants de la LCR et de l’OCT participent à la manifestation contre la construction du surgénérateur à Creys-Malville (Isère).

-Toussaint 1977 : Congrès constitutif des CCA à Lyon (La Commune).

-1978 : Publication de Oui le socialisme !, ensemble des positions de la LCR.

-Mars 1978 : Elections législatives : LO fait cavalier seul, présentant 470 candidats (sur 488 circonscriptions), la LCR s’alliant avec l’OCT et les CCA (au total 250 candidats).

-Juin 1978 : Création de la revue Partis Pris à l’initiative d’anciens militants de l’OCT.

-Novembre 1978 : A l’occasion du 40e anniversaire de la fondation de la IVe Internationale, plusieurs rencontres sont organisées associant militants de l’OCI et de la LCR.

-1978 : Création du CERMTRI, Centre d’études et de recherches sur les mouvements trotskyste et révolutionnaires internationaux, à l’initiative de l’OCI.

-23 mars 1978 : Suicide de Michel Recanati, leader lycéen en mai 68 et ancien membre du BP de la LCR.

-Janvier 1979 : Création de l’Institut Léon Trotsky à l’initiative de Pierre Broué (militant de

l’OCI), publication des Cahiers Léon Trotsky et des OEuvres complètes de Trotsky (chez

EDI).

-Janvier 1979 : IIIe congrès de la LCR à Saint-Gratien (95). Les adversaires de la fusion avec

l’OCI l’emportent.

-2 février 1979 : Fin du Quotidien Rouge.

-16-18 mars 1979 : Congrès constitutif des JCR.

-7 juin 1979 : Aux premières élections européennes au suffrage universel, liste commune

LCR-LO.

-1er-4 novembre 1979 : Congrès extraordinaire de la LCR à L’Haÿ-les-Roses. Les militants des tendances 1 et 5 rompent avec la LCR et fondent la Ligue communiste internationaliste

(LCI).

-Novembre 1979 : XIe congrès de la IVe Internationale.

-1979 : Exclusion de Charles Berg de l’OCI.

-1980 : Fondation de l’UNEF-ID (Indépendance et Démocratie), dans laquelle les militants de

l'OCI sont prépondérants.

-1980 : L’OCI devient l’OCI-U (Unifiée) après la fusion avec la LCI.

-16 mars 1980 : Rassemblement à la pointe du Raz contre la construction de la centrale nucléaire de Plogoff, au cours de laquelle un militant de la LCR, Jean-Michel Manach, est blessé.

-Juin 1980 : IVe congrès de la LCR.

-1981 : Exclusion de l’OCI de l’ex tendance 5 de la LCR (les « morénistes »).

F) Les trotskystes dans la « France sociale-démocrate » 1981-1995

-11-12 avril 1981 : Rassemblement pour l’unité ouvrière, Porte de Pantin, organisé par la

LCR (10.000 personnes).

-26 avril 1981 : Premier tour des élections présidentielles. La LCR n’est pas parvenue à réunir les 500 signatures pour présenter A. Krivine. A. Laguiller est candidate pour LO, l’OCI appelle à voter Mitterrand dès le premier tour.

-1981 : Julien Dray quitte la LCR pour le PS.

-Décembre 1981 : Ve congrès de la LCR.

-26-30 décembre 1981 : Le congrès de l’OCI unifiée décide de changer de nom pour PCI.

-9 juin 1982 : Sortie du film Mourir à trente ans de Romain Goupil, documentaire centré en partie sur la vie de Michel Recanati.

-1983 : Les enseignants « lambertistes » quittent la FEN pour FO.

-1983 : VIe congrès de la LCR.

-1984: En Nouvelle-Calédonie, unification des groupes indépendantistes dans le FLNKS

(Front de libération nationale kanak et socialiste), saluée notamment par la LCR.

-20-23 avril 1984 : Le congrès du PCI exclut les membres du courant animé par Stéphane

Just. Ils formeront le « Comité pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire, pour la reconstruction de la IVe Internationale ».

-27 avril 1984 : Obsèques du dirigeant « historique » Pierre Frank au Père Lachaise.

-26-27 mai 1984 : La LCR et la Gauche autogestionnaire organisent un rassemblement de

3.000 personnes au Bourget.

-Mi- décennie 1980 : Place importante des militants « lambertistes » à FO.

-Janvier 1985 : La LCR proteste contre l’assassinat, le 12 janvier, d’Eloi Machoro (leader du

FLNKS) par le GIGN, sous un gouvernement de gauche.

-1985 : VIIe congrès de la LCR.

-30 novembre-1er décembre 1985 : le PCI devient le MPPT (Mouvement pour un parti des travailleurs).

-17 février 1986 : Arrestation de Martine Toulotte, militante grenobloise de la LCR accusée d’avoir hébergé un révolutionnaire libanais, Georges-Ibrahim Abdallah et sa compagne.

-14 avril 1986 : Départ du MPPT de Jean-Christophe Cambadélis, Benjamin Stora et de presque tout le secrétariat étudiant (en tout 400 militants) pour le PS (« Convergence socialiste »).

-1986 : Scission du CIRQI (Centre international pour la reconstruction de la Quatrième

Internationale) qui avait succédé au CORQI.

-1987 : Exclusion de Luis Favre du MPPT.

-1987 : VIIIe congrès de la LCR.

-1987 : Les militants de la LOR fusionnent avec ceux de la LCR

-Avril 1988 : La LCR soutient la candidature de l’ancien communiste Pierre Juquin aux

Présidentielles, avec les rénovateurs communistes (2,51% des voix). Le candidat du MPPT,

Pierre Boussel (Lambert) obtient 0,38% des voix et Arlette Laguiller (LO) 1,99%.

-Octobre 1988 : Grande grève des infirmiers et infirmières (mise en place de comités de grève

et de coordinations). L’action de militant(e)s d’extrême gauche, comme Pascal Dias de la

LCR, est essentielle. Exclus de la CFDT, ils se retrouveront bientôt à SUD.

-10 décembre 1988 : Rassemblement de la LCR à la Plaine Saint-Denis pour le 50e anniversaire de la IVe Internationale (3.000 personnes).

-1989 : Exclusion de Pierre Broué du MPPT.

-8 Juillet 1989 : Bicentenaire de la Révolution française. Avec le chanteur Renaud notamment, la LCR impulse un cartel unitaire, « ça suffat comme ci », qui organise une grande manifestation à Paris pour l’abolition de la dette du Tiers monde.

-19-21 septembre 1989 : Premier congrès du syndicat SUD (Solidaire, unitaire et démocratique).

-25 novembre 1989 : Le MPPT organise une manifestation contre le chômage et la précarité de la Place de la Bastille à la Place Saint-Augustin (15.000 personnes).

-13 octobre 1990 : 500 personnes participent à une réunion-débat organisée par l’Institut Léon

Trotsky à la Sorbonne, pour le 50e anniversaire de l’assassinat de Trotsky.

-1-4 novembre 1990 : Scission des JCR, la majorité est favorable aux positions de la minorité de la LCR dirigée par Gérard Filoche alors que la minorité est sur les positions de la majorité de la LCR (Krivine-Bensaïd).

-1990 : IXe congrès de la LCR.

-Juillet 1990 : Apparition des premiers collectifs de Ras l’Front, où la LCR s'investit énormément.

-Janvier 1991 : Formation à Barcelone de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, dont le MPPT est partie prenante.

-Mars 1991 : La majorité des JCR publie un mensuel « L’Egalité », la minorité publiant un trimestriel Autre Chose.

-10-11 novembre 1991 : le MPPT se transforme en Parti des Travailleurs (PT), composé de 4 courants (trotskyste, anarcho-syndicaliste, socialiste et communiste). Daniel Gluckstein devient son secrétaire général.

-9-10 mai 1992 : Le PCI tient son dernier congrès et se transforme en Courant communiste internationaliste (CCI) du PT.

-1992 : Exclusion du PT de Pedro Carrasquedo et Alexis Corbière. Ils formeront le groupe La

Commune.

-1992 : Le Xe congrès de la LCR adopte le manifeste « A la gauche du possible ».

-Mars-avril 1993 : Parution du roman de Jean-François Vilar, Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués (Le Seuil) qui se passe dans les années 1930 à Paris, dans les rangs des trotskystes et des surréalistes, avec l'ombre portée des tueurs staliniens.

-Juin 1993 : Reproclamation de la IVe Internationale par le Centre international de reconstruction, dont l’élément central est le CCI du PT. Ses congrès internationaux seront dès lors numérotés en partant de la « grande scission » de 1952-53 (IVe Congrès en 1999, etc…)

-16-19 juin 1994 : XIe congrès de la LCR.

-1994 : Environ 140 militants quittent la LCR avec Gérard Filoche (Tendance « Démocratie et

Révolution ») pour la gauche du PS.

-Fin 1994 : Première marche contre le chômage à l’initiative d’AC !, dont un des porte-parole,

Christophe Aguiton, est militant de la LCR.

-18 décembre 1994 : Occupation de l’immeuble de la rue du Dragon (Paris) organisée par

DAL, soutenue par Alain Krivine, Mgr Gaillot, le professeur Schwarztenberg et Emmanuelle

Béart.

G) 1995-2009 : Renouveau des luttes et modeste percée sur le plan électoral

-18 mars 1995 : Rassemblement contre la dette du Tiers monde à Bruxelles, en présence de

Mgr Gaillot et avec la participation active de la LCR.

-23 avril 1995 : Au premier tour des élections présidentielles, A. Laguiller (LO) obtient

5,40% des voix. La LCR avait appelé à voter à gauche du PS : Laguiller, Hue ou Voynet.

-30 septembre 1995 : Transfert des cendres d'Ernest Mandel, mort à Bruxelles le 20 juillet précédent, au Père Lachaise à Paris, près du Mur des Fédérés. E. Mandel fut un dirigeant important du Secrétariat Unifié de la IVe Internationale, polyglotte, économiste important (on lui doit notamment un Traité d'Economie marxiste en 4 volumes et Le Troisième âge du capitalisme en 3 volumes, tous deux publiés en 10/18, en 1969 et 1976).

-Fin 1995 : 40.000 manifestants à Paris pour protester contre les commandos anti-avortement à l’appel de la CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception), dont la LCR est partie prenante.

-18 mars 1996 : 300 Africains en situation irrégulière occupent l’église Saint-Ambroise, puis le gymnase Japy, enfin la Cartoucherie à Vincennes. Aux côtés de nombreuses autres organisations, la LCR soutient ce mouvement.

-1997 : Plusieurs dizaines de militants quittent Lutte Ouvrière pour constituer la Voix Des

Travailleurs (VDT).

-Janvier-février 1998 : XIIIe Congrès de la LCR. L'abandon de l'usage des pseudonymes estdécidé.

-Mai 1998 : Thierry Jonquet publie un roman autobiographique, Rouge c'est la vie (Le Seuil) sur son passage au sein de LO puis de la LCR.

-3 juin 1998 : Assemblée générale constitutive d’ATTAC. Christophe Aguiton en sera une figure médiatisée.

-1998 : Création de la Fondation Copernic, lieu de réflexion critique, à l’initiative de J.

Kergoat (décédé en 1999), longtemps membre du BP de la LCR.

-1998 : Elections régionales : LO obtient 19 élu(e)s et la LCR 3.

-10 février 1999 : Sortie en salle du film de Gilles Bourdos, Disparus (A.Grinberg, G.Colin), adaptation du roman de J.-F.Vilar, Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués.

-1999 : Elections européennes, liste commune LO-LCR (5,18% des voix et 5 élu(e)s).

-Juin 2000 : Le XIVe congrès de la LCR vote la fusion/intégration de VDT. Par la suite, l’organisation Socialisme par en bas et une minorité de la Gauche Révolutionnaire rejoindront la LCR.

-5 juin 2001 : Dans un discours à l’Assemblée nationale, Lionel Jospin révèle son passé trotskyste à l'OCI après plusieurs années de mensonge.

-21 février 2002 : Décès de l'ancien militant de l'Union communiste, Pierre Bois.

-21 avril 2002 : Elections présidentielles : Lionel Jospin (PS) est éliminé dès le premier tour.

L’extrême gauche trotskyste réalise 10,44% des voix (A. Laguiller 5,72%, Olivier Besancenot

4,25%, Daniel Gluckstein 0,47%).

-30 octobre-2 novembre 2003 : Au XVe congrès de la LCR, abandon de la dictature du prolétariat.

-21 et 28 mars 2004 : Aux élections régionales, les trotskystes obtiennent de bons résultats.

Dans de nombreuses régions ils dépassent les 5%, mais le mode de scrutin ayant été modifié, ils perdent tous leurs élus.

-13 juin 2004 : Aux élections européennes, le même scénario se rejoue. Là aussi le mode de scrutin ayant été modifié, les trotskystes perdent leurs députés.

-19-22 janvier 2006 : Au XVIe congrès de la LCR une majorité se prononce pour une deuxième candidature O. Besancenot, contre ceux qui privilégiaient une candidature unitaire fédérant les partisans du Non (Christian Piquet).

-23 avril 2006 : Suicide à Paris (85 ans) de Boris Fraenkel, intellectuel et propagandiste, qui fut membre de l'OCI (exclu en 1966) où il fut formateur de Lionel Jospin, traducteur de W.

Reich, H. Marcuse et G. Lukacs.

-25 janvier 2007 : Mort à Cuba de Xavier Langlade, militant de la JCR dont l'arrestation le 20 mars 1968 provoqua l'occupation du bâtiment administratif de l'université de Nanterre le 22

mars 1968.

-22 avril 2007 : Aux élections présidentielles, O. Besancenot domine ses compétiteurs à la gauche du PS, avec 4,1% des voix (A. Laguiller 1,3%, Gérard Schivardi 0,4%, José Bové

1,3%, Marie-George Buffet 1,9%).

-10 et 17 juin 2007 : Les organisations trotskystes doivent se contenter de résultats modestes aux législatives (3,41% au total), mais la LCR confirme sa prééminence sur ses rivales.

-Janvier 2008 : A son XVIIe congrès la LCR affirme sa volonté de dépasser la LCR en un

NPA (Nouveau parti anticapitaliste) « en reprenant les meilleures traditions des différents courants du mouvement ouvrier ».

-16 janvier 2008 : Décès de Pierre Boussel (Pierre Lambert) à l'âge de 87. Il était l'un des derniers dirigeants des trotskystes « historiques ».

-9-16 mars 2008 : Les 3 principales organisations trotskystes font un effort important, présentant des candidats dans des dizaines de villes ou villages, mais dans la division. Par contre LO s’allie fréquemment dès le premier tour aux partis de gauche : elle obtiendra au total 79 élu(e)s. La LCR obtient une cinquantaine d’élu(e)s, et le PT (devenu depuis le POI)

45, dont 40 dans de très petites communes, comme G. Schivardi, réélu maire et conseiller général de Maillhac (Ariège).

-Automne 2008 : Jean-Marc Rouillan ayant annoncé sa volonté d’adhérer au NPA, la grande presse tente d’utiliser ce fait pour discréditer la nouvelle formation.

-Janvier 2009 : Décision est prise par les militants de mettre fin à la LCR pour laisser place au

NPA. Celui-ci revendique 9.123 militant(e)s réparti(e)s dans 476 comités.

-12 février 2009 : Parution du dernier numéro de l’hebdomadaire Rouge.

-Mars 2009 : A l’approche des prochaines européennes (juin 2009), les trotskystes annoncent leur intention d’aller à ces élections divisés : LO d’un côté, le NPA de l’autre, le nouveau parti de Gauche (Mélenchon) et le PC s’étant unis. Christian Piquet et ses camardes de la tendance Unir prennent la décision de s’éloigner du NPA. Le POI ne semble pas avoir l’intention de présenter des candidats.

-26 mars 2009 : Parution du n°1 de Tout est à nous !, hebdomadaire du NPA.

Documents utilisés :

- Association RaDAR /asmsfqi (association pour la sauvegarde de la mémoire de la section française de la quatrième internationale).

- Barcia Robert, alias Hardy, La véritable histoire de Lutte ouvrière, Paris, Denoël, 2003.

- Craipeau Yvan, Le mouvement trotskyste en France. Des origines aux enseignements de

Mai 68, Paris, Syros, 1971.

- Crettiez X., Sommier I. (sdd), La France rebelle, Paris, Michalon, 2002.

- Hentzgen Jean, Agir au sein de la classe. Les trotskystes français majoritaires de 1952 à

1955, mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, Paris I, 2006.

- Lanuque J.-G. / Salles J.-P., « Les trotskystes français et la Deuxième Guerre mondiale », in

Dissidences-BLEMR, n°12-13, 2003, pp. 52-58.

- Lequenne Michel, Le trotskisme. Une histoire sans fard, Paris, Syllepse, 2005.

- Pluet-Despatin Jacqueline, La presse trotskiste en France de 1926 à 1968. Essai bibliographique, Grenoble, Editions de la MSH/PUG, 1978.

- Prager Rodolphe (éd.), Les Congrès de la Quatrième Internationale, Tomes 1 et 2, Paris, La

Brèche, 1981.

- Rosmer Alfred / Rosmer Marguerite / Trotsky Léon, Correspondance. 1929-1939, Paris,

Gallimard, 1982.

- Stora Benjamin, La Dernière génération d’Octobre, Paris, Stock, 2003.

- Salles Jean-Paul, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981), Rennes, PUR, 2005.

- Turpin Pierre, Les révolutionnaires dans la France social-démocrate, 1981-95, Paris,

L’Harmattan, 1997.

Christian Beuvain et Jean-Paul Salles (avec l’aide de Jean-Guillaume Lanuque)



Liens

Pour citer cet article


Trotskysmes en France : chronologie(1928-2009).

Revue électronique dissidences
[en ligne], Numéro 2 - Automne 2011, 2 avril 2011. Disponible sur Internet : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=373




 
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