Précédent   Bas de page   Suivant   Signaler cette page   Version imprimable

Bibliothèque de comptes rendus : juillet 2012 > Varia

compte rendu

 Les travailleuses sans visage, Paris, Edilivre, 2010, 142 p., 14€

Par Georges Ubbiali


Cathy Raynal

Image1

Premier roman d’une auteure qui est venue à l’écriture par des ateliers du même nom. Cathy Raynal livre un roman qui raconte le monde du travail, très largement inspiré de sa propre expérience puisque l’univers est celui d’une « grande entreprise de télécommunications », France Télécoms où elle a exercé ses talents durant trente ans. Par petites touches, Raynal donne à voir le monde dans lequel évolue ces femmes d’un plateau téléphonique, toujours un peu plus pressurée par des conditions de travail qui se dégrade et une charge de travail en augmentation constante. Cependant, derrière cet univers impitoyable se cachent des vies insoupçonnées. A partir du journal intime d’une de ces travailleuses sans visage, l’auteure décrit l’univers du travail, son atmosphère glacée mais aussi ses gestes de solidarité. La déprime de l’une d’entre elle constituera le révélateur des multiples pressions qui s’exercent sur ces voix que le client ne connaît que par le prénom qui lui répond au téléphone. Ouvert par une double citation de la direction de France Telecom et de Charles Darwin, ce texte ne risque cependant pas de marquer la mémoire. On ne peut qu’être sensible à la peinture du monde de l’exploitation qui est décrit. Il n’en reste pas moins que le style demeure marquée par des tournures de langage qui ne brillent pas par leur originalité. Un verbe, un sujet et un complément suffisent en effet pour écrire un texte, pas pour produire un roman marquant. Il suffit de lire en parallèle l’excellent livre de Thierry Beistingel, Retour au mots sauvages (Fayard, 2010) portant lui également sur l’univers des plate-forme téléphoniques, pour tester la différence entre un récit sympathique et l’invention littéraire. Souhaitons que le deuxième roman auquel travaille actuellement Cathy Raynal, dépasse les limites de ce premier opus, tant le roman à vocation mérite de trouver sa place dans le monde de l’édition.

Georges Ubbiali


Pour citer cet article


Raynal Cathy.  Les travailleuses sans visage, Paris, Edilivre, 2010, 142 p., 14€ : Par Georges Ubbiali.

Revue électronique dissidences
[en ligne], Bibliothèque de comptes rendus : juillet 2012, 30 juin 2012. Disponible sur Internet : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=2300




 
Revue électronique Dissidences...-