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Bibliothèque de comptes rendus : mai 2012

compte rendu

Le Larzac s’affiche, Paris, Seuil, 2011, 142 p.

Par Georges Ubbiali


Solveig Letort

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Préfacé par Stéphane Hessel, avec un avant-propos de Louis Joinet, qui précisent ensemble le place de cette lutte paysanne, ce livre propose ensuite une anthologie des affiches, comme son titre l’indique, imprimées à l’occasion de cette lutte exemplaire (Pierre-Marie Terral1, Larzac, de la lutte paysanne à l’altermondialisme, Privat, 2011, pour approfondir). La projection sur les écrans en 2011 du documentaire de Jean-Marie Rouaud, Tous au Larzac,a remis sous les feux d’une certaine actualité éditoriale cette longue mobilisation des paysans sur ce plateau isolé contre l’extension du camp militaire. Extension qui sera finalement abandonnée par la grâce de l’élection le 10 mais 1981 de F. Mitterrand qui avait inclus ce point dans ses promesses électorales. Cette mobilisation ancrée localement s’est développée à travers tout l’Hexagone par l’implantation au fur et à mesure du mouvement de Comités Larzac quadrillant le pays. Gardarem lo Larzac, le slogan du mouvement a ainsi pu essaimer un peu partout, débordant parfois les frontières nationales pour s’afficher dans les pays proches. Les affiches s’étalent de 1971 à 2003, même si la plus grande partie concerne la période de la lutte même, donc de 1971 à 1981. Ce qui étonne, quand on parcourt l’ouvrage, c’est l’absence quasi systématique de la photographie (à une exception près, p. 125, une affiche de 1985 à l’occasion de l’ouverture de l’écomusée de la Jasse). Le dessin domine donc, avec, là aussi assez surprenant, une place très importante réservée au texte. Les premières affiches sont d’ailleurs constituées uniquement de textes, d’où un côté à la fois décalé par rapport à la communication politique, en même temps qu’un aspect contre culturel fortement marqué par cette esthétique2. Ce graphisme artisanal utilise par conséquent de manière importante les symboles. On retrouve bien entendu la symbolique associée au mouvement non-violent, en particulier les figures animales (mouton, colombe), végétales (l’épi de blé, la fleur au fusil), mais aussi une imagerie issue de mai 68 : le patron et son haut de forme, les outils de travail (la fourche en premier lieu), les chars, etc. Ce graphisme exprime toute sa singularité si on le rapproche des affiches produites à la même période par le mouvement syndical (Lire par exemple Le monde ouvrier s’affiche. Un siècle de combat social, Nouveau monde ed. 2008). On l’aura compris, au-delà de l’aspect mémoriel/ commémoratif, ce beau livre a beaucoup à nous apprendre sur une telle lutte, ancrée dans le milieu paysan, demeurée très singulière dans le paysage politique français.


Pour citer cet article


Letort Solveig. Le Larzac s’affiche, Paris, Seuil, 2011, 142 p. : Par Georges Ubbiali.

Revue électronique dissidences
[en ligne], Bibliothèque de comptes rendus : mai 2012, 12 mai 2012. Disponible sur Internet : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=1930




 
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